Mais qui sont ces gens qui n’aiment pas la pulpe ?

Derrière ce titre quelque peu mystérieux, se cache un tweet que j’ai posté dans la matinée, ou du moins au début de ma journée, et qui inspire mon article du jour. J’ai un rituel matinal qui consiste à presser moi-même mes oranges et à en récupérer la pulpe. Une véritable délectation. Mais il s’avère que certaines personnes n’aiment pas boire leur jus avec la pulpe, d’ailleurs j’ai remarqué qu’en supermarché, peu de marques proposent un jus (100% pur jus) avec pulpe… Est-ce que je fais partie d’une infime catégorie de personne appréciant cette délicatesse ?

Comme on dit, les goûts et les couleurs… voilà où je veux en venir. Nous n’aimons pas tous les mêmes choses et n’avons pas les mêmes opinions sur tout.

Ce qui m’amène à évoquer la notion de « safety » , sécurité en français. Sommes-nous tous capables d’avoir des interactions avec des personnes dont les opinions, convictions, goûts et avis divergent des nôtres ? Depuis que j’ai pris conscience des oppressions et systèmes de domination présents dans notre société, j’ai vite ressenti le besoin de me sentir entourée de gens « comme moi » ou très compréhensifs sur les questionnements que j’avais. Il s’avère que mes entourages proches à l’époque étaient loin d’être enclins à l’ouverture d’esprit. J’ai somme toute eu le courage à certains moments d’éveiller mes collègues ou mes ami-e-s gamers au féminisme, à l’acceptation du corps, des autres, etc. Il va sans dire que le résultat n’a pas atteint mes espérances. De plus, je ne détenais pas à l’époque une assurance à toute épreuve.

Par la suite, j’ai pu nouer des contacts avec des personnes dont les convictions se rapprochaient des miennes, des personnes bienveillantes et rassurantes. J’ai eu l’opportunité d’en croiser IRL (dans la vraie vie) mais la majorité des relations que j’établis se fait online. J’avoue être encore intimidée par cette sphère regroupant à la fois activistes, militants, blogueurs, chercheurs ou simplement individus actifs et investis dans leur(s) cause(s). J’avoue ne pas me sentir à la hauteur, assez ouverte, assez sensible et sensibilisée sur les questions de domination pour tenter une approche. Je reste un peu dans l’ombre, jouant plutôt un rôle d’observatrice qui au final me satisfait.

Cependant, dans la « vraie vie », je continue de côtoyer des individus que l’on pourrait qualifier de « problématiques« , dont les propos peuvent être oppressants envers une catégorie de personnes voire envers moi-même. Et bizarrement, j’arrive à faire la part des choses. Je ne veux pas forcément avoir une vocation pédagogique avec ces gens, à l’heure actuelle cela me prend trop d’énergie. En règle générale, quand je suis en interaction dans un groupe de plusieurs personnes, il y a toujours un allié avec moi, un-e ami-e me connaissant bien et qui sera en mesure de me faire me sentir en sécurité.

Je comprends que des individus veuillent se protéger et n’être en relation qu’avec un type de personnes précis, à des fins beaucoup plus sécuritaires que le simple malaise que je puisse avoir. Pourtant il m’arrive de m’amuser, de m’éclater avec tout type de personnes ! Encore dernièrement j’ai participé à un évènement e-sportif, entendre entièrement consacré à l’univers du jeux-vidéos, avec son lot de clichés sexistes, homophobes et putophobes… Malgré tout, je peux vous dire que je me suis amusée. J’ai fait fi des remarques triviales pour au final ne retenir que les rencontres enrichissantes et bienfaisantes. Car au final, c’est bien cela qui m’importe et me rassure : que nous soyons tous dotés de la capacité à nous fréquenter et à nous entendre avec respect mutuel.

Merci de m’avoir lue.

Saoyiste.

 

PS: il va sans dire que je considère le racisme, l’homophobie, la transphobie et toutes autres formes de système incitant à la haine, car c’est bien de cela qu’il s’agit, non pas comme des opinions mais comme des délits que je condamne.

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