Écrire après… l’hôpital

Il m’aurait été difficile d’écrire depuis là-bas… Et c’est une semaine après mon retour que je peux enfin écrire quelques mots sur l’après opération.

En effet, le 29 juin, j’ai subi une coelioscopie. 10 jours avant, j’ai dû effectuer un régime sans fibre et qui excluait une grande partie d’aliments qui constitue le régime vegan : les fruits, les légumes et les légumineuses (entre autres). Cela n’a pas été facile, j’ai dérogé à la « règle » à plusieurs reprises, plutôt par peur d’être en carence. J’ai varié plats vegan et végé.

Puis une fois à l’hôpital, j’ai également subi une préparation dont je vous épargnerai les détails, afin que mon système digestif soit le plus propre et vide possible… Vous voyez où je veux en venir.

Suite à cela, et les 2h de retard entre l’heure annoncée et mon arrivée au bloc, je suis restée 36 heures à jeun : pas d’eau, pas de nourriture ! A vrai dire, ces 36 heures je ne les ai ressenties qu’à fin, car j’ai passé une bonne partie de mon temps à DORMIR ! Premier repas que l’on m’offre : un thé. Puis on m’exhorte à prendre une douche et à marcher pour évacuer des gaz (oui toujours une questions d’appareil digestif ici !)

Et là… Malaise… Littéralement j’ai eu 2 malaises en 2 heures, le temps qu’ils comprennent qu’il me fallait quelque chose de plus consistant que du thé ou un bouillon de légumes. Miracle, une amie qui m’est très chère passe me voir et elle a son déjeuner, que je suis autorisée à partager avec elle. Enfin un regain d’énergie et de force. Mais je suis encore loin, plongée dans la fatigue. Prendre une douche me terrorise suite à mon malaise puis la douleur et la difficulté à me mouvoir, me lever, bouger… J’ai peur d’avoir perdu mon corps. Les câbles et les tuyaux sortent de mon corps, ils m’assistent et me gênent à la fois.

La délivrance, 2 jours après mon opération. On m’avait annoncée que je sortirai le vendredi, finalement je sors 2 jours plus tôt. Et on m’annonce ça de but en blanc ! Je suis surprise, contente mais la panique arrive : j’ai été opérée, je rentre chez moi et après, qu’est-ce que je fais ? Je me repose bien-sûr mais j’ai peur : peur de pas m’en sortir, de ne pas arriver à retrouver mes facultés, d’être seule. Et pour couronner le tout, je sors le jour le plus chaud de la canicule : 38°C à l’ombre. Rejoindre mon appartement au 6e étage sous les toits me paraît d’un coup bien moins réjouissant…

Je ne suis pas seule évidemment, mon amoureux m’accompagne mais je ressens la solitude, la peur. Les crises de panique se suivent et je réalise que pendant mon séjour hospitalier mes antidépresseurs et anxiolytiques ne m’ont pas été administrés. J’ai été sous morphine et autres calmants dont je n’ai guère connu les noms… Dans mon corps et dans mon esprit tout est chamboulé ! Je craque et c’est normal.

Et là… malgré la fatigue, la tristesse, la déprime, la perte de motivation, le corps se relève, bouge, agit. Il retrouve ses sensations, ses habitudes. Il m’a surprise. J’ai fait de rapide progrès et je peux dire que depuis 5 jours, j’ai retrouvé 95% de mes facultés. Je suis heureuse et pourtant mon corps a agit à contre courant de mon esprit. Il s’est relevé et m’a revigorée. Il m’a prouvée que je peux avoir confiance en lui. Et c’est dorénavant ce que je vais faire pour vivre au mieux et sans stress : toujours être à son écoute, ne pas avoir honte d’avoir très faim, d’avoir peu faim, de vouloir de la levure de bière (en ce moment, je raffole de ça), du sucré, du salé…

Mon corps… me connait-il mieux que moi ?

Saoyiste

PS: Actuellement, je suis encore en convalescence mais je peux faire les choses essentielles, je me promène, fais mes courses (sans charge lourde). Je suis suivie quotidiennement, et je cicatrise, pas aussi bien que prévu mais je vais faire confiance à mon corps 😉

2 Replies to “Écrire après… l’hôpital”

  1. Le corps a une grande intelligence, si on l’écoute, et il sait exactement ce dont on a besoin… On gagnerait tous à être plus à l’écoute de son intuition.
    J’espère que tu t’es bien remise de ton opération. Le ventre est vraiment une partie sensible du corps et de l’organisme, que toutes nos angoisses impactent…

    1. Parfaitement remise de mon opération j’en suis ravie 😀
      Je suis d’accord également sur l’intelligence du ventre, cet organe me fascine car il est très sensible et nous raconte tellement de choses. Peu importe dans quel état émotionnel je vais être, mon ventre réagit ! J’avais vu un documentaire intitulé « le ventre notre deuxième cerveau », tu peux le trouver en streaming il me semble. Bref très enrichissant et j’aimerais également lire « La charme discret de l’intestin; tout sur un organe malaimé » de Guila Enders. Je pense que c’est un sujet qui parle ou va parler à pas mal de monde puisque c’est mon boss (qui vient de la finance mais qui est très ouvert et original) qui a évoqué cet ouvrage lors d’une discussion. Tout ça pour dire, chérissons notre petit bidou 🙂

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