Pourquoi ne suis-je pas une parfaite vegan ?

Depuis que j’ai fait le choix d’être vegan, je dois fréquemment raisonner sur mes choix et mes nouvelles habitudes, que cela soit auprès de mes proches et de moi-même. Surtout auprès de moi-même. Ma personnalité m’impose d’être très exigeante envers moi (et jamais envers les autres, tiens donc). Ce qui me cause pas mal de troubles et de frustrations (un euphémisme ?)… Mais je survie et j’ai décidé de rire de mes réflexions quotidiennes qui me brident dans mes actions et mes décisions. Et cela facilitera les détracteurs pour me trouver des failles.

Alors, pourquoi ne suis-je pas une parfaite vegan ?

Parce que je porte encore des chaussures en cuir, ou de la laine.

Si mes calculs sont bons… je suis vegan (du moins je m’y essaie) depuis juin 2014, soit bientôt 2 ans. La croyance voudrait donc m’étiqueter apprentie vegan. Il me reste des choses à apprendre pour augmenter mon niveau, et détenir plus de skill. Malheureusement, je n’ai pas encore le rang de confirmée vegan dont l’entière de sa garde robe se doit d’être dotée de produits végétaliens et éthiques conçus sans avoir engendré de souffrance animale.

A l’heure actuelle, ma garde robe est constituée de paires de chaussures dont certaines sont composées de cuir, j’ai un portefeuille en cuir (que je vends d’ailleurs), un manteau d’hiver composé de laine (acheté il a 3 ans), une écharpe en laine et des gants aussi. Je ne peux donc pas encore prétendre au rang de confirmée vegan ! Il m’arrive également, pour faire des économies, de vendre et acheter dans des vide-dressings et en seconde main, je me retrouve quand même avec des produits avec du cuir… Je ne suis pas infaillible… (et mon addiction aux chaussures aura ma peau).

Mais j’entreprends quelques quêtes pour gagner en point d’expérience car tout récemment j’ai fait l’acquisition d’un portefeuille vegan de la marque Matt & Nat (achetée moins cher), ainsi que de ma toute première paire de chaussures vegan, fabriquée en Italie… J’en suis encore tout émotionnée.

Je suis toute émotionnée 😂😍😱 ma toute première paire de chaussures 100% #vegan et elles me vont comme un gant ! #shoes

Une photo publiée par Camille Andriamahatratra (@camillliililillilli) le

Au final, je me suis résolue à ne plus consommer et ne plus acheter de produits composés de fibres animales, et surtout pas du neuf ! D’ailleurs, je vous partage un dossier réalisé par Happy New Green où sont recensés les labels, les fibres et les symboles que l’on retrouve sur les étiquettes de nos vêtements, et comment les lire. Pas 100% vegan friendly mais cela donne un bel aperçu des fibres et tissus à éviter.

Parce que j’achète encore des chocolatines* en boulangerie.

L’unique endroit de la planète où je mange végétalien : mon chez moi. Ma nourriture se base sur les légumes, les fruits, les céréales, les légumineuses, les oléagineux. Et je me complémente en vitamine B12 (concentrée avec d’autres nutriments dans mon cachet) , et vitamine D. Jusque là, on pourrait dire que je fais un sans faute.

Cependant, mon chez moi est petit, et je suis souvent en vadrouille dans la capitale, il m’arrive aussi de devoir travailler, de voir mes amis et de manger à l’extérieur. Comme indiqué dans mon dernier article… trouver un restaurant qui saura me sustenter est une tâche ardue. Il m’arrive donc de manger végétarien quand un plat végétalien ne m’est pas accessible.

Il y a aussi les moments où j’ai une faim subite qui m’apparait, je n’ai pas assez mangé dans la journée parce que j’ai souvent des pertes d’appétit… Le temps de faire quelques courses, de rentrer chez moi et de me préparer ma gourmandise ne me permet pas de m’alimenter au plus vite. C’est une raison pour laquelle je vais acheter des chocolatines* en boulangerie. Et cela me réconforte car j’aurais enfin pu manger quelque chose.

Cela me fait alors réfléchir sur la notion de manger pour le plaisir, ou pour la survie. Dans ce cas précis, la distinction est floue, et je ne prends pas plaisir à l’acheter mais j’ai faim.

Une autre de mes contradictions…

Parce que je ne suis pas activiste/militante.

Il est dit, ou implicitement admis qu’être vegan c’est soutenir le bien-être animal, et être pour la protection animale. Bien évidemment que je le suis. Mais mes actions vont se réduire à partager quelques articles sur les conséquences du mode de vie actuels sur les animaux, les souffrances qu’ils endurent : faire ouvrir les yeux, faire réfléchir mes proches. Montrer tout bonnement qu’être vegan ce n’est ni se priver ni se compliquer la vie. Mais tout ça je le fais à une minuscule échelle, une échelle où je ne me sentirai pas attaquée car je n’ai pas encore les épaules solides pour mener une bataille plus prononcée à l’instar des associations qui agissent quotidiennement, se réunissent, pour promouvoir le mode de vie vegan à plus grande échelle.

Au fond, est-ce si grave de n’être active qu’à mon niveau d’apprentie ? Non, cela me convient.

Parce que mes ami-e-s ne sont pas vegan.

Là j’avoue, ça craint. Je n’ai pas réussi à intégrer mes proches dans le culte sectaire du véganisme. C’est pourquoi j’ai décidé d’agir en conséquence et d’avoir la réaction appropriée : les quitter !

Si, si je suis sérieuse… Il est tout bonnement inconcevable de vivre et côtoyer des gens végétariens et omnivores.

Trêves de plaisanteries (non, vous n’y avez tout de même pas cru), mes ami-e-s ne sont pas vegan, du moins pas tous. Mais je ne cherche en aucune manière à les changer, ou les convaincre. Ils respectent mon choix, et sont attentionnés vis à vis de moi lorsqu’on doit sortir, aller au restaurant ou se préparer des plats. Et ils sont très ouverts, se questionnent aussi sur les conséquences de l’élevage intensif, se renseignent de leur côté ou pas. Mais ces choix restent les leurs et je les respecte, tant que les mien le sont également.

Parce que j’ai un iPhone.

Oui, vous savez. La personne vegan doit être parfaite, soucieuse du bien être animal, de tous les êtres vivants et sensibles sur la planète. Comment une vegan peut donc être tout ça à la fois, mais posséder un iPhone, alors que sa fabrication engendre la souffrance d’êtres humains… ? « Haha ! Personne vegan, tu n’es pas si parfaite que ça. »

Alors oui j’ai un iPhone, je suis peut-être même un peu Mac Addict… quoique cela a tendance à se dissiper.

Ensuite, si on veut aller dans le détail… il me semble qu’Apple apparait comme l’un des constructeurs dont l’éthique est la moins pire puisque qu’ils conçoivent leurs produits en Californie.

Mais des solutions existent, pour atteindre ce niveau de perfection, et pourquoi pas monter mon rang de vegan confirmée : le Fair Phone ! Voilà, plus personne ne pourra me dire que je suis une mauvaise vegan parce que j’ai un iPhone, je suis juste moins mauvaise.

Parce que mon antidépresseur est un mouton (en peluche).

Mon mouton est exploité. Même si il ne s’agit que d’une peluche, l’acte même de le blottir contre moi équivaudrait à exprimer une volonté de contrôle sur tous les animaux de la planète à des fins calinesque. C’est dit. Je l’avoue et le concède.

Parce que je n’ai pas sauvé d’animaux.

En y réfléchissant, mon mode de vie vegan doit avoir une influence sur les conséquences de l’élevage, mais je ne peux pas me procurer les chiffres précis.

Je n’ai jamais eu d’animaux de compagnie. Et si je « devais en avoir » un, hors de question de l’acheter, c’est purement considérer l’animal comme un bien. Ma mention entre guillemets indique que je n’aime pas concevoir l’idée de posséder un animal. J’aimerais (dans mon monde idéal la la la) qu’un contrat tacite soit décidé entre l’humain et l’animal qui vont vivre ensemble, comme un couple. Malheureusement, nos moyens de communication ne nous permettent pas de mettre en place ce système. Tristesse.

Mon raisonnement part très loin (je le reconnais), vous comprenez ma difficulté de laisser reposer mon cerveau tellement je me pose des questions saugrenues. Cela ne signifie pas que mon questionnement n’a pas lieu d’être, il est intéressant de noter comment l’humain et l’animal « choisissent » d’être compagnon et amis pour la vie.

De plus, quand j’évoque la notion de sauvetage, je pense aux personnes qui prennent soin des animaux qu’ils ont adoptés, qu’ils ont trouvé blessés, et à ceux qui les ont libéré du joug d’un éleveur malhonnête et cruel. J’ai appris qu’ils existaient des associations qui délivraient des chiens, chats, poussins, poules, veaux (liste non exhaustive) du cruel destin que les éleveurs leurs réservaient. Je suis impressionnée par cette volonté qui se manifeste concrètement par des actions de libération**.

Dois-je par conséquence me considérer comme une vegan de pacotille ? Absolument pas. J’admire ces actes de résistance et la résilience de leurs exécutants.

Parce que j’aime jouer chasseur sur WoW et dépecer des animaux.

La honte. Ce que je cherche à cacher à tous les vegans de la planète… Je ne suis pas parfaite car je ne le suis même pas dans un monde virtuel, où je me plais à incarner un chasseur ou un dépeceur voire les deux en même temps ! Et cela me distrait et m’amuse. Horreur !

Je pense qu’un acte aussi cruel, et insensé de ma part me vaut le rejet définitif de l’accomplissement de ma quête vegan. Même mon rang d’apprentie vegan m’est retirée. Je suis déchue…

Oui. J’ai eu cette réflexion, et même un peu de honte à me dire que jouer chasseur et dépecer des mobs dans WoW étaient incompatible avec le choix d’être vegan IRL. Ce n’est pas faute de vous avoir prévenus sur le débordement de mes pensées.

Pour terminer, dois-je me consacrer « mauvaise vegan de la planète » ?

Aucunement ! J’estime que mes choix actuels conviennent à ma manière de vivre et à mes capacités. J’estime également que les quelques réflexions listées ci-dessus participent aussi à mon travail pour « atteindre » un mode de vie proche de mes convictions. Être toujours en questionnement me semble primordial car le modèle du parfait vegan n’existe pas (tout comme celui de la fâme hein, c’est pas comme si j’étais déjà sous le joug d’une autre injonction). Je vais évoluer ainsi que mes démarches. Chercher à atteindre le niveau expert vegan n’est pas dans mes aspirations.

Par conséquence, chers détracteurs, ne cherchez plus à trouver la faille dans mon mode de vie, je viens de vous en exposer 8. Et pour mes lecteurs végé, vegan friendly, omni en questionnement, je serai curieuse de connaître jusqu’où vos réflexions peuvent aller, qu’elles soient sérieuses ou tout bonnement extravagantes.

À très vite, je m’en vais farmer et tuer des mobs histoire de pexer et de looter un meilleur fusil.

Saoyiste

 

*: Chocolatine, un point c’est tout.

** : Private joke de gameur-se-s

3 Replies to “Pourquoi ne suis-je pas une parfaite vegan ?”

  1. ah ah j’adore ! je ne suis pas la seule vegan qui aime jouer chasseur-dépeceur sur WOW !!! Yes !!! Bon bah moi aussi je suis une piètre vegan lol

    1. Han géniaaaal, cela me rassure 😀 … d’un côté cette propension à dépecer me donne l’impression de ne pas « gaspiller » xD

  2. « À très vite, je m’en vais farmer et tuer des mobs histoire de pexer et de looter un meilleur fusil. »
    Ah ah, tu m’as fait rêver là 😀
    BTW, merci pour cet article qui met les pieds dans le plat au sujet de l’intolérance de ceux qui se pensent moralement au-dessus des autres. Pour ma part, je ne fréquente pas la sphère végéta*ienne/vegan car je ne me reconnais pas dans toute ce dédain et cette auto-satisfaction. Avoir des convictions c’est bien mais j’ai du mal avec les discours sans nuance.

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