Une végane en terre réunionnaise – Épisode 1

Cela fait tout juste un mois que j’ai atterri à la Réunion, île de l’Océan Indien où mes parents vivent depuis 5 ans. Dans un précédent article, je vous ai rapidement évoqué la raison de ma venue ainsi que mes attentes. Dans ce nouvel article, je souhaite vous raconter mes aventures véganesques en terre réunionnaise : une contrée encore moins ouverte au véganisme que la métropole.


L’été austral offre une ribambelle de fruits

Bien avant de poser les pieds sur l’île, je savais que mon défi serait de taille pour continuer mon train train quotidien de végane, car en plus de rejoindre ma famille qui a une alimentation omnivore, je connaissais les habitudes alimentaires de la région ainsi que les plats qu’il est coutume de déguster. Cela ne m’a pas empêchée de me réjouir de retrouver le jardin familial où l’été austral offre une ribambelle de fruits, notamment des litchis (ou letchis comme c’est communément écrit ici) , des bananes ou encore des mangues. Quant aux ananas, pastèques, oranges et autres fruits de saison, on les trouve à foison sur les étales des marchés. Je me faisais un plaisir de redécouvrir le combava, une des spécialités de l’île que j’aime déguster. Cela ne faisait donc aucun doute, j’allais trouver mon compte parmi les nombreux fruits et légumes présents sur l’île.

Une photo publiée par Saoyiste (@saoyiste) le

Sauf qu’un.e végane ne se suffit pas que de cela, n’en déplaise aux carnistes convaincus de notre pauvre alimentation végétale.

 

… j’ai eu le plaisir de découvrir une gamme de produits véganes et locaux …

Pour se sustenter, les réunionnais profitent des marchés locaux et des hypermarchés. Ces derniers ne m’attirent guère et j’en ai peu côtoyés durant ma vie parisienne, une aubaine. J’ai donc dû retourner dans ces lieux infâmes (le mot est faible pour vous montrer mon dégoût) avec ma mère (double peine) pour acquérir céréales et légumineuses. On retrouve un grand nombre de produits connus et vendus en hypermarchés métropolitains : pâtes, riz, lentilles, pois chiches… Ainsi que des mets locaux. Les grandes surfaces de l’île disposent de rayons bio, où j’ai eu loisir de me fournir en beurre de cacahuète, sirop d’agave et levure de bière. Enfin tout est relatif, je doute que le porte-feuille familial ait apprécié les prix bien trop élevés de ces produits. En effet, 6€ le paquet de levure de bière, j’ai dû prendre sur moi. Résultat : je déguste ces trois produits avec parcimonie (sauf pour le beurre de cacahuète, je suis dans ma phase). À l’avenir, j’envisage de ne plus acheter ces trois ingrédients. A l’inverse, j’ai eu le plaisir de découvrir une gamme de produits véganes et locaux dans ces mêmes hypermarchés, de la marque Soja Nature. Ils proposent des steaks, des saucisses, et du tofu. Il est également possible d’acheter les produits de la gamme Veggie à Carrefour, j’ai un faible pour leurs nuggets. De plus, il m’est arrivée d’accompagner ma mère dans un « Picard Like » autrement dit un magasin proposant des surgelés et j’étais loin de me douter que j’y trouverai des produits végétaliens ! J’ai jeté mon dévolu sur ces burgers de « poulet ».

Marque jusqu'ici inconnue au bataillon
Marque jusqu’ici inconnue au bataillon

 

L'historique donne envie
L’historique donne envie

 

Pour ce qui est des magasins bio, j’en ai parcouru 3 qui proposent les mêmes articles qu’en métropole à des prix horrifiants réunionnais. J’ai eu la naïveté de croire que tempeh et tofu soyeux seraient accessibles, non seulement leurs prix sont un énorme freins, mais leurs disponibilités est quasi nulle. Je ne vais pas rester sur une note négative, car dans une de ces boutiques bio j’ai pu me fournir en lait de soja à un prix défiant ceux de métropole, j’en suis ravie !

Mon alimentation quotidienne s’est facilement mis en place. Pourtant, je ne suis pas toujours amenée à m’alimenter chez mes parents, et les offres de restauration réunionnaises sont décourageantes.

 

Quel bonheur de réaliser que la démarche végane se diffuse.

Pour parer à cet obstacle, j’ai cherché des groupes locaux de végéta*iens sur Facebook et j’en ai rejoint 2. Dans l’un de ces groupes, un fichier regroupant les restaurants végé- friendly est mis à disposition. Je suis soulagée de découvrir les lieux de l’île proposant des alternatives voire un menu 100% végane, comme le restaurant Vegan Hope dans le quartier de Sainte-Clotilde de Saint-Denis, là où je réside. Merci la vie ! J’ai eu l’occasion de m’y rendre à deux reprises, et leurs barquettes sont consistantes et goûtues ! J’ai profité de mon arrivée sur les groupes Facebook pour demander conseils et bons plans, on m’a gentiment partagée des noms de marques et traiteurs 100% véganes présents sur l’île, je ne m’y attendais pas. Quel bonheur de réaliser que la démarche végane se diffuse. Planète Vegan et Just Veggie sont les deux labels que j’ai repéré. Ce dernier fournit des épiceries et supermarchés, ainsi que des restaurants souhaitant proposer un éventail de plats végéta*iens. Grâce à cela, j’ai pu goûter un rougail saucisse végane au restaurant Ô Ti Marché de Saint-Gilles, un délice. Parmi mes autres satisfactions, la dégustation d’un burger végé au restaurant Le Kalliste de Saint-Leu. Cependant, cela fait pâle figure face aux nombreuses gargotes ne proposant même pas d’alternatives végétariennes. En effet, une grande partie des lieux de restaurations composent 100% de leurs plats avec de la viande et/ou du poisson, les habitants de l’île étant de grands consommateurs de chairs animales.

 

Je pourrai aisément m’affubler du slogan d’Uncle Ben’s, car je fais toujours mouche.

À côté de cela, j’ai repris la cuisine, et je mange de nouveau ! J’ai tenté la réalisation d’un seitan, en suivant une recette du livre Vegan de Marie Laforêt, celui du Seitanfu. Après m’être procurée du tofu soyeux et du gluten, je me suis attelée à la préparation. Le miso blanc et brun d’orge, que j’ai trouvé en magasin bio et chinois sont venus également dans la composition. Je loue la magie et la practicité du Thermomix maternel qui m’a épargnée un mélange manuel. J’ai quand même mis les mains à la pâte juste pour lui donner une belle forme, d’ailleurs j’avais l’impression de toucher de la cervelle… Après 24h passées dans un bouillon, j’ai entamé la cuisson. Voici le résultat.

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Malgré le bon goût du plat, je ne suis pas devenue une fan du seitan. Je vais restée sur ce seul essai. Par contre, si vous avez l’occasion, préparez-le avec une sauce gravy végane, ça change tout !

Mis à part cette tentative, j’ai réalisé mes FAMEUX cannelés véganes. Je pourrai aisément m’affubler du slogan d’Uncle Ben’s, car je fais toujours mouche. Amis et nouvelles connaissances ont été séduits, je m’en félicite (un peu d’auto-congratulation ne fait guère de mal). Et me trouver en terre réunionnaise m’a permis d’agrémenter ma préparation du meilleur de l’île : de la vanille, du sucre complet et du Rhum, que l’on incorpore toujours à convenance !

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Comme autre réussite, je rajouterai les samoussas véganes que j’ai confectionnés pour un buffet dinatoire.

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Ainsi s’achève le premier volet de mes aventures réunionnaises, essentiellement consacré à la nourriture. Dans les prochaines semaines, et suite à deux premières sessions enchanteresses, je prévois de continuer la randonnée. En effet, la Réunion est connu pour offrir d’innombrables sentiers et parcours sur toute l’île. Sauf que je dispose d’une paire de chaussures de marche vieille de 10 ans, absolument pas végane avec lesquelles je ne suis plus à l’aise. Comment vais-je faire pour me procurer une paire de bonne qualité et végane ? La suite au prochain épisode !

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